Ce qu'on ne voit pas.
Trois messages de 30 secondes pour rendre visibles les risques psychosociaux qui s'installent avant même le premier coup de marteau.
Le concept
Depuis le 6 octobre 2025, la Loi 27 oblige les employeurs québécois à intégrer la prévention des risques psychosociaux dans leurs programmes de santé et sécurité. L'ACQ, comme acteur clé de l'industrie de la construction, accompagne les employeurs et les travailleurs dans cette transition — autant pour les risques physiques que psychologiques.
Cette campagne 2026 part d'une intuition simple : sur un chantier, on voit les structures se monter, les équipes collaborer, le travail avancer. Mais il y a aussi tout ce qui ne se voit pas — les tensions, les silences, la pression, les mots qui restent.
Trois objectifs guident la campagne :
Intention de réalisation
On ne commence pas nécessairement sur le chantier. On commence dans les espaces de transition — dans l'auto, dans le stationnement, dans le vestiaire, dans le silence avant le bruit.
L'idée est de montrer le travailleur avant son rôle. Avant le casque, avant la routine, avant qu'il doive être fonctionnel. On veut sentir que certains poids, certaines pressions, certaines tensions peuvent exister avant même de mettre le pied sur le chantier.
Visuellement, l'approche est documentaire mais maîtrisée. Caméra proche des personnages, plans simples, lumière naturelle ou réaliste, texture brute. Aucune esthétique trop glossy. On veut sentir la poussière, le béton, le métal, les vitres d'auto, les matins gris.
Le décalage reste subtil. Pas de conceptuel évident — un inconfort léger, progressif, presque imperceptible.
Une mécanique commune
Chaque message de 30 secondes suit la même mécanique. Une situation crédible, un détail qui dérange, une révélation, un retour au réel.
Réalisateur assigné
Depuis plus de 10 ans, j'évolue dans le milieu du contenu de marque publicitaire, naviguant entre projets d'envergure et productions plus intimistes. Spécialiste du storytelling et de la cinématographie, j'adapte mon approche à chaque mandat — en mettant en valeur des idées fortes et une direction visuelle soignée.
Mon expertise en étalonnage et montage me donne une compréhension approfondie de l'image et du rythme narratif, renforçant ainsi l'impact de chaque projet. Pour ACQ, je veux faire naître un univers crédible, sobre, humain. Sans surjeu. Sans morale lourde. Juste assez de retenue pour que le spectateur fasse le travail lui-même.
Découpage détaillé
Trois messages de 30 secondes. Trois espaces de transition. Trois risques psychosociaux à rendre visibles, en lien direct avec les obligations de la Loi 27 et les axes de prévention de l'ACQ.
Violence conjugale ou familiale · Exposition à un événement potentiellement traumatique · Harcèlement psychologique.
Thème —La pression qui suit le travailleur jusque dans son auto. Les appels, les messages, la charge personnelle qui s'invite avant même la journée de travail.
On ouvre sur un travailleur dans son auto, stationné près du chantier. Il ne sort pas tout de suite. Il regarde devant lui. Ses mains sont posées sur le volant. Le moteur tourne. Son casque est sur le siège passager.
Rien de dramatique. Juste un moment qu'on connaît tous : les quelques secondes avant d'entrer dans sa journée. La pression n'apparaît pas toujours sur le chantier — parfois, elle est déjà là avant d'ouvrir la porte de l'auto.
Découpage 30 secondes
Intérieur auto. Matin gris. Un travailleur est stationné près du chantier. Il regarde devant lui. Son casque est posé sur le siège passager — veste réfléchissante, gants, boîte à lunch, un café tiède.
Son étouffé. Le moteur. Sa respiration. Le trafic au loin. Tout est calme, mais pas paisible.
Son téléphone vibre. Il regarde l'écran. Pas besoin de tout expliquer — un message court suffit : « T'es où? » · « On est déjà en retard. » · « Faut que ça sorte aujourd'hui. »
Il verrouille son téléphone. Prend une respiration. Regarde le chantier. Il sort de l'auto.
Dès qu'il ouvre la porte, le son du chantier entre d'un coup. Machines, outils, voix, pas sur le gravier, bip de recul.
Il met son casque. Son visage change légèrement. Il devient fonctionnel. Un collègue lui lance une consigne. Il répond simplement : « Ouais, c'est beau. » Mais on sent que ce n'est pas vraiment beau.
Le chantier avance autour de lui, mais la caméra reste proche. Les sons deviennent trop présents. Les consignes se mélangent. Son téléphone vibre encore dans sa poche, mais il ne le regarde pas.
Il fixe un point. Petite absence. Le monde continue, mais lui semble en décalage.
Le son tombe presque complètement. On reste sur son visage.
Certains risques arrivent avant même d'entrer sur le chantier.
Les risques psychosociaux n'ont pas de visage. Tous peuvent y être confrontés en milieu de travail. Agissons ensemble pour les prévenir.
— Un message de l'Association de la construction du Québec.
Début très étouffé, presque intime. L'auto devient une bulle. Quand la porte s'ouvre, le chantier entre brutalement — le contraste sonore est fort, mais réaliste. Ensuite, les sons du chantier deviennent progressivement plus oppressants.
Certains risques arrivent avant même d'entrer sur le chantier.
Thème —Le masque qu'on met avant d'entrer dans la journée. L'équipement protège le corps, mais pas toujours ce qu'on porte à l'intérieur.
Un travailleur s'équipe. Bottes, veste, casque, gants, lunettes. Tout est concret, normal, quotidien. Mais plus il s'équipe, plus on sent qu'il met aussi une carapace. Il se prépare à affronter sa journée — pas seulement physiquement.
L'équipement protège le corps, mais pas toujours ce qui se passe à l'intérieur.
Découpage 30 secondes
Vestiaire calme. Plans très serrés : lacets qu'on serre, veste qu'on zippe, gants qu'on enfile, casque sur un banc, lunettes de protection, mains qui ajustent les manches.
Son minimal. Très proche. Presque intime. On est loin du bruit du chantier.
Le travailleur regarde son reflet dans un miroir ou une surface réfléchissante. Il est prêt. Mais il reste immobile une seconde de trop.
On entend au loin les sons du chantier. Une voix appelle son nom. Il force un petit sourire. Il replace son visage. Il sort.
Il entre dans le chantier. Le monde devient plus bruyant. Il croise l'équipe. Quelqu'un fait une blague ou lance une remarque. Il rit, mais son rire arrive un peu en retard.
On sent qu'il joue le jeu. Il fait ce qu'il faut faire. Il répond. Il avance. Il travaille. Mais il n'est pas complètement là.
Le son devient plus sourd. Les voix autour deviennent floues. On revient brièvement à son reflet du vestiaire — pas un flashback dramatique, plutôt une impression.
Il est équipé. Il est présent. Il est protégé physiquement. Mais quelque chose reste vulnérable.
On peut être équipé de la tête aux pieds, et quand même ne pas être protégé de tout.
Les risques psychosociaux n'ont pas de visage. Tous peuvent y être confrontés en milieu de travail. Agissons ensemble pour les prévenir.
— Un message de l'Association de la construction du Québec.
Début très intime et sec — chaque geste d'équipement est amplifié. Zip. Velcro. Gants. Casque. Respiration. Quand il entre sur le chantier, le son prend de l'ampleur. Puis les voix deviennent plus floues, comme si le personnage se coupait intérieurement du groupe.
On peut être équipé de la tête aux pieds, et quand même ne pas être protégé de tout.
Thème —Une remarque, des rires, un sourire qui tombe. La dynamique banalisée qui peut peser avant même le début du quart.
Les travailleurs arrivent un à un. Portes qui ferment. Cafés dans les mains. Bottes sur le gravier. Petites jokes. Échanges rapides. Tout semble normal. Presque léger.
Puis on remarque qu'un travailleur reste un peu à part. Une remarque est lancée. Le groupe rit. La personne visée sourit aussi, mais son sourire tombe dès que les autres regardent ailleurs. Pas un conflit spectaculaire — une dynamique banalisée. Le genre de moment qui peut être minimisé parce qu'il ressemble à une blague. Mais quand ça revient souvent, ça laisse une trace.
Découpage 30 secondes
Stationnement. Matin. Des travailleurs arrivent. Portes qui ferment. Moteurs qu'on éteint. Cafés. Casques sous les bras. Bottes sur le gravier.
Ambiance naturelle, crédible, presque légère.
Une remarque est lancée à un travailleur. Pas trop agressive. Assez ordinaire pour qu'on comprenne comment ce genre de chose passe sous le radar.
Le groupe rit. La personne visée sourit aussi. Elle fait semblant que ça ne l'atteint pas. Mais dès que les autres se retournent, son sourire tombe.
Le groupe marche vers le chantier. Les autres continuent de parler. Le personnage marche avec eux, mais il semble isolé.
La phrase entendue revient légèrement dans le son. Les rires se répètent. Le son devient un peu plus sourd. Ce qui semblait léger pour les autres prend une autre place chez lui.
Ils arrivent à l'entrée du chantier. Les casques sont mis. Les vestes ajustées. Le groupe continue comme si rien n'était arrivé.
Le personnage s'arrête une seconde avant d'entrer. Le chantier n'a pas encore vraiment commencé, mais le poids est déjà là.
Parfois, ce qui pèse commence avant même le travail.
Les risques psychosociaux n'ont pas de visage. Tous peuvent y être confrontés en milieu de travail. Agissons ensemble pour les prévenir.
— Un message de l'Association de la construction du Québec.
Début naturel et vivant — conversations, rires, cafés, portes d'auto. Puis, graduellement, le son du groupe devient moins chaleureux. Certains mots reviennent. Les rires prennent une autre couleur. Le personnage s'isole sans que personne ne le remarque.
Parfois, ce qui pèse commence avant même le travail.
Direction artistique
Caméra proche des personnages. Mouvements simples. Plans serrés sur les gestes. Plans larges uniquement pour rappeler le contexte. Lumière naturelle, parfois dure. Contraste brut, couleurs réalistes, image organique.
L'auto comme espace mental. Le vestiaire comme espace de transformation. Le stationnement comme espace social. Le chantier comme le lieu où tout devient visible — même ce qui ne l'était pas.
Chaque message commence lentement, dans un moment d'observation. Le rythme s'accélère légèrement quand le personnage entre dans le monde du travail. Puis le montage se resserre autour du malaise.
À la fin, on laisse respirer le message. Pas trop d'explications — confiance aux regards, aux silences, aux sons et aux détails.
Chaque message commence avec une ambiance très réaliste. Puis le son évolue subtilement : répétitions, déformations légères, sons étouffés, voix moins claires, bruits amplifiés, silences soudains.
Le son traduit l'état intérieur du personnage sans devenir trop stylisé. On passe du monde extérieur au monde intérieur, puis on revient au réel au moment du message.
Références visuelles









* Pour référence seulement
Piliers émotionnels
L'équipe KOLOC
Koloc, c'est un lieu où les idées prennent leur temps. Où on observe, on échange, on teste, on recommence. On croit à la force du collectif, aux différences qui s'additionnent, et à l'importance de créer dans un climat sain, ouvert et sincère. La culture, chez nous, ce n'est pas un mot accroché au mur — c'est ce qu'on vit au quotidien, sur les plateaux comme au bureau.
Créer avec intention. Travailler avec des humains. Et aimer profondément ce qu'on fait.